A travers l’organisation d’évènements scientifiques, le Fonds Croix-Rouge française entend ouvrir et partager le débat sur l’humanitaire durable.

Le Fonds s’appuiera sur ses ressources scientifiques pour alimenter le dialogue, soutenir ou  initier des projets de  publication et organiser les événements qui articulent savoirs, pratiques et principes autour de nouveaux modèles.

Forum Mondial Convergences 2016 - Table ronde "S’assurer contre le risque de crises : une voie vers la transition humanitaire ?" - Paris - 6 septembre 2015

« S’assurer contre le risque de crises : une voie vers la transition humanitaire ? »

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De gauche à droite : Virginie Troit, Fonds Croix-Rouge, Christiane Rafidinariov, IEP Madagascar, Assia Sidibe, ARC et Tanguy Touffut, AXA Corporate Solutions

Cette table ronde organisée par le Fonds Croix-Rouge française le mardi 6 septembre 2016 au Palais Brongniart dans le cadre du Forum Mondial Convergences a réuni :

  • Assia SIDIBE, Country Engagement Manager en charge de l’Afrique Centrale et de l’Ouest à l’ARC-African Risk Capacity (Johannesburg)
  • Tanguy TOUFFUT, Directeur du département d’Assurance Paramétrique d’AXA Corporate Solutions (Paris)
  • Christiane RAFIDINARIVO, Présidente du conseil scientifique de l’IEP de Madagascar ;  Docteure en science politique, Université de Toulouse et Docteure HDR en science politique, Université de la Réunion ; Professeure invitée au Centre de recherches politiques (CEVIPOF) de Sciences Po Paris (Saint-Denis de la Réunion)

Elle était modérée par Virginie TROIT, déléguée générale du Fonds Croix-Rouge.

Visionnez le film bilan de la table ronde

1 – « Assurer les États contre les crises climatiques : le leadership de l’Afrique ? » par Assia Sidibe

Assia Sidibe présente l’African Risk Capacity (ARC) et ses mécanismes assurantiels, mis en place par l’Union Africaine. Son intervention permet de mieux comprendre les enjeux politiques, de coordination et de gouvernance d’un tel instrument régional et de questionner les objectifs de l’ARC et ses moyens d’action en lien avec le secteur privé et les ONG. Elle questionne également la place des Etats africains dans cette structure et l’influence de celle-ci sur leurs politiques de prévention et de coopération internationale.

2 – « Innover pour lutter contre la pauvreté : une approche paramétrique de l’assurance » par Tanguy Touffut

Tanguy Touffut représente AXA, une des plus grandes compagnies d’assurance dans le monde. AXA est un des réassureurs de l’African Risk Capacity et est très actif dans l’assurance et la réassurance des catastrophes naturelles. Sa contribution permet de présenter les intérêts qui poussent les acteurs du secteur privé à s’engager, ainsi que les stratégies et mécanismes qu’ils mettent en place. Elle permet également de détailler les spécificités de cette catégorie d’opérations et de leur contexte pour les assureurs.

3 – « Les organismes nationaux et leurs partenaires internationaux pour prévenir les risques : le cas de Madagascar » par Christiane Rafidinarivo

Christiane Rafidinarivo présente ses recherches sur le Bureau National de Gestion des Catastrophes Naturelles (BNGRC) à Madagascar, organisme national de prévention dans un pays signataire de l’ARC. Sa contribution questionne les enjeux politiques nationaux comme internationaux qu’il cristallise, notamment d’un point de vue de la coordination du secteur humanitaire, et s’intéresse à l’échelle d’un pays au potentiel d’autonomisation des mécanismes de prévention et à la complémentarité des assurances avec les instruments déjà existants.

Forum Mondial Convergences 2015 - Table ronde "Principes, valeurs, éthique : quels guides pour l’action humanitaire ?" - Paris - 7 septembre 2015

« Principes, valeurs, éthique : quels guides pour l’action humanitaire ? »

Cette table ronde organisée par le Fonds Croix-Rouge française le lundi 7 septembre 2015 au Palais Brongniart dans le cadre du Forum Mondial Convergences a réuni les intervenants suivants :

Table ronde

Les quatre intervenants et la modératrice

      • Modibo TRAORE, Chef de bureau, Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) en Côte d’Ivoire
      • Kristin BARSTAD, Conseillère à la Division Mouvement, Comité international de la Croix-Rouge (CICR)
      • Jean-François MATTEI, Président, Fonds Croix-Rouge française
      • Mahaman TIDJANI ALOU, Professeur de science politique et doyen de la faculté de sciences économiques et juridiques, Université Abdou Moumouni, chercheur au LASDEL (Niger)

Table ronde

L’ambassadeur Mireille Guigaz, modératrice

Elle était modérée par Mireille GUIGAZ, membre du Conseil scientifique international du Fonds Croix-Rouge française, ancienne Vice-présidente du Fonds Mondial.

Principaux enseignements :

Dans un contexte humanitaire en transition marqué, selon Modibo Traore, par un élargissement du nombre et de l’impact des crises, par le foisonnement des acteurs impliqués et souveraineté revendiquée des États hôtes et des organisations locales, les intervenants de la table ronde se sont questionnés sur les principes, les valeurs et le rôle de l’éthique en tant que guide de l’action humanitaire. Kristin Barstad, a rappelé l’actualité et l’importance des principes du CICR pour accéder aux victimes et protéger les humanitaires, malgré les efforts et les  coûts qu’ils impliquent. S’appuyant sur les résultats d’une consultation réalisée au sein du Mouvement Croix-Rouge et Croissant Rouge, elle a insisté sur la nécessité de travailler sur leurs  perceptions autant que sur leur application.   Alors que ces principes humanitaires dictent les conduites des acteurs apportant de l’aide, Jean-François Mattei fait appel à l’éthique comme complément pour placer les personnes affectées au centre des choix qui les concernent et faire face à des situations inédites. Une charte éthique de l’humanitaire international pourrait ainsi être mise en place  pour abandonner définitivement toute attitude paternaliste et mieux associer les victimes aux actions. Le principe d’autonomie nécessite dès lors une meilleure prise en compte des voix issues des pays bénéficiaires et une meilleure connaissance des dynamiques sociales et des terrains où l’action humanitaire se déploie. C’est tout l’intérêt d’un dialogue entre chercheurs en sciences sociales et acteurs humanitaires, dialogue pour lequel plaide Mahaman Tidjani Alou qui en analyse les principaux obstacles et réelles opportunités.

Visionnez le film bilan de la table ronde

1. « Action humanitaire : de quoi parlons-nous ? » par M. Modibo TRAORE

Pour Modibo Traoré, l’action humanitaire comme nous la connaissons apparait à la fin du 19ème siècle, avec la naissance du Mouvement Croix-Rouge et l’apparition du Droit International Humanitaire (DIH). D’une aide médicale en période de conflit, l’action humanitaire s’est étendue aux catastrophes naturelles et à d’autres crises (migration, famines). Les opérations humanitaires sont considérées comme des actions d’urgence, mais leur coût croissant, traditionnellement supporté par les États et des bailleurs (majoritairement de l’OCDE), souligne aujourd’hui l’importance de la prévention. M. Traore insiste  sur le fait que de nouveaux acteurs, régionaux, diasporas ou privés, accroissent aujourd’hui leur rôle dans l’action humanitaire en finançant, coordonnant ou préparant les zones fragiles aux catastrophes potentielles (African Risk Capacity, plateformes nationales de gestion des catastrophes). Ils s’ajoutent à une revendication de souveraineté renouvelée venant des États hôtes et des organisations locales. Ce foisonnement d’acteurs impliqués participe à un futur de l’humanitaire plein d’opportunités mais également de défis. Ils concernent  le respect des principes fondamentaux et la qualité de l’aide face à des crises plus nombreuses et meurtrières,  au cœur desquelles le réchauffement climatique et la croissance démographique jouent des rôles croissants.

2. « Les principes humanitaires sont-ils toujours d’actualité ? » par Kristin BARSTAD

Kristin Barstad rappelle  que les principes humanitaires du CICR,  ont 50 ans cette année.  Leur perception par les populations et leur application par les sociétés nationales  fait d’ailleurs l’objet d’une grande consultation au sein du Mouvement Croix-Rouge.  S’ils sont hiérarchisés entre eux, entre les finalités de l’aide (humanité et impartialité), les moyens pour y parvenir  (neutralité et indépendance) et principes d’organisation interne au mouvement (volontariat, unité et universalité), un consensus s’élève autour de leur utilité. L’humanité restant indiscutable et l’impartialité étant inscrite dans le DIH, d’autres principes comme la neutralité ou l’indépendance sont plus régulièrement  questionnés : cas de l’auxiliarité avec  les pouvoirs publics, de partenariats avec des acteurs privés ou étatiques ou d’activités de plaidoyer. Autant de complexité dans l’application des principes sur le terrain nécessite un effort constant de réflexion, de dialogue, de formation et d’adaptation,  dans l’urgence comme en temps de paix, et représente des coûts moraux et financiers importants. Les principes gardent cependant toute leur actualité et leur pertinence dans un contexte humanitaire changeant, car ils sont les clés d’une bonne perception du CICR, garant du contact avec toutes les parties au conflit, de l’accès aux populations les plus vulnérables et de la sécurité des humanitaires essentiels à la réussite de sa mission.

3. « Les principes éthiques comme guide pour l’action humanitaire » par M. Jean-François MATTEI

Pour Jean-François Mattei, si les principes humanitaires constituent les règles d’action des humanitaires, il est fondamental d’intégrer les principes de l’éthique dans les stratégies humanitaires afin de remettre les personnes affectées au cœur des actions qui les concernent et de quitter définitivement toute attitude paternaliste. L’éthique a son identité propre et ne peut se confondre ni avec la morale, ni avec la déontologie, ni avec le droit. Elle cherche à rétablir la symétrie du dialogue entre celui qui aide et celui qui est aidé. Les 4 principes adopté en bioéthique nous permettent de décider en insistant sur le respect de l’autonomie des victimes, sur le souci d’une réelle bienfaisance vécue de part et d’autre de la relation d’aide, sur le refus de toute malfaisance et des effets pervers non anticipés de bonnes volontés, et sur une justice distributive appliquée à chacun. Ces principes éthiques doivent être des critères de délibération face aux enjeux humanitaires au regard des populations aidées. Après trente ans d’expérience dans le champ de l’éthique sous ses différents aspects, il apparait au Pr Mattei qu’une charte éthique internationale de l’humanitaire  pourrait aider à répondre à ces nouveaux impératifs.

4. « Les transitions humanitaires : entre action humanitaire, politiques sociales et développement » par Mahaman TIDJANI ALOU 

Pour Mahaman Tidjani Alou, la forte expansion de l’action humanitaire dans les pays du Sud et la multiplicité des acteurs qui y interviennent en font un secteur privilégié de l’action publique, producteur de dynamiques sociales nouvelles. Celles-ci sont étudiées par le LASDEL sous le prisme de la délivrance de biens et services publics, dans les contextes d’urgence comme de long terme, en analysant leurs conditions de délivrance (accès, infrastructure et logistique), leur nature (analyse des besoins, « marques » des fournisseurs) et leurs contreparties (clientélisme, exclusion). La position des États y est centrale et complexe : l’humanitaire est à la fois un espace de concurrence et un cadre de mobilisation de ressources, où la frontière avec le domaine du social et des politiques publiques, poreuse, est source de négociations et dépend des volontés souverainistes et des catégories mobilisées. Les sciences sociales, par une recherche multidisciplinaire et affranchie des contraintes de l’urgence, permettent alors d’identifier et de comprendre ces enjeux pour produire une connaissance du terrain fondamentale à l’amélioration de l’action humanitaire. Un dialogue entre chercheurs et humanitaires est donc nécessaire et requiert une meilleure communication des résultats, un raccord entre temporalités de travail et un effort de financement de la recherche.

Cliquer ici pour télécharger le compte rendu de la table ronde au format PDF

Forum Mondial Convergences 2014 - Table ronde "Quelles recherches pour quel humanitaire ?" - Paris - 9 septembre 2014

« Quelles recherches pour quel humanitaire ? »

Accompagner la transition humanitaire

Cette table ronde, organisée par le Fonds Croix-Rouge française dans le cadre du Forum Mondial Convergences 2014, se voulait être un moment de réflexion sur les liens entre action humanitaire et recherche universitaire. Quatre personnalités aux profils différents se sont succédé pour aborder ce thème riche.

  1. Michael NEUMAN, Chercheur au Centre de réflexion sur l’action et les savoirs humanitaires (CRASH), Fondation Médecins sans frontières (MSF)
  2. Fatou Maria DRAME, Directrice Adjointe Programmes Régionaux, Recherche et Partenariats, ENDA Santé Sénégal
  3. Isaac MASSAGA, Coordinateur humanitaire Afrique de l’Ouest, OXFAM America
  4. Jean-François MATTEI, Président du Fonds Croix-Rouge française

Sous la modération de Malika AIT-MOHAMED PARENT, Secrétaire générale adjointe, Soutien à la gouvernance et au management à la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR)

Michael Neuman est chercheur au CRASH (Centre de Réflexion sur l’Action et les Savoirs Humanitaires) et il a quinze ans d’expérience du terrain. Il explique comment le CRASH est une des premières structures à avoir tenté de lier action et recherche sur l’humanitaire. Leur travail se fonde sur trois piliers : un pilier de conseil (notamment auprès de MSF auquel le CRASH est relié), un pilier de recherche et un pilier de diffusion/formation (publications diverses, cours dans les universités …).

Fatou Maria Dramé est, elle, maitre assistante en géographie de la santé à l’université Gaston Berger de Saint Louis du Sénégal. Elle dirige le département de recherche et de partenariat d’ENDA Santé qui est une organisation internationale basée à Dakar. Elle est donc, elle aussi, un pied dans la recherche, l’autre dans l’opérationnel. Elle nous présente ici comment l’articulation entre l’un et l’autre s’effectue au niveau d’une organisation internationale. Elle insiste sur le rôle de la recherche-action et nous donne un exemple concret de la manière dont la recherche peut aider à l’optimisation de l’action en influant sur les aspects organisationnels d’une entité notamment.

Isaac Massaga quant à lui est directeur associé d’Oxfam US au Sénégal. Il nous rappelle ici que le contexte humanitaire actuel est assez critique et qu’il a changé. Il insiste sur le fait que les organisations locales et les communautés doivent aujourd’hui plus de place dans les processus de décision et d’action. Il nous démontre également que cela induit un changement dans les modes de financement, le financement participatif devenant de plus en plus important.

Jean-François Mattei, président du Fonds Croix-Rouge française, ancien ministre de la Santé et ancien président de la Croix-Rouge, nous livre quant à lui son analyse de l’éthique par rapport au champ de l’humanitaire. Il nous démontre dans son intervention que les changements récents observés dans le domaine de l’humanitaire induisent de plus en plus urgemment une introduction forte de l’éthique dans ce domaine. Il insiste sur le fait que l’autonomie des individus et la volonté/l’opinion des bénéficiaires doivent devenir des éléments primordiaux de toute action humanitaire.

CNH (Conférence Nationale Humanitaire) 2014 - Paris - 31 mars 2014

Le Fonds Croix-Rouge française était présent à la deuxième édition de la Conférence Nationale Humanitaire, qui s’est tenue à Paris le lundi 31 mars 2014 en présence de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, Valérie Amos, secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et Kristalina Georgieva, commissaire européenne à la coopération internationale, à l’aide humanitaire et à la réponse aux crises.

Jean-François Mattei, président du Fonds, était invité à faire la synthèse des débats en fin de journée, en collaboration avec Véronique de Geoffroy, directrice des opérations du Groupe URD.


Synthèse de la CNH 2014 par francediplotv