Présentation

La Croix-Rouge française est pionnière de l’action humanitaire depuis plus de 150 ans. Poursuivant son engagement pour un monde plus humain et plus juste, elle a créé en 2013 le Fonds Croix-Rouge française. Ce fonds de dotation est dédié à la promotion des travaux de recherche consacrés aux modalités d’une action humanitaire en transition[1], ainsi qu’à la nature des liens qui unissent les champs de l’humanitaire et du social.

Afin d’encourager et de guider cet effort de réflexion et d’innovation, le Fonds a décidé de s’associer au Fonds de dotation Compagnie Fruitière www.compagniefruitiere.fr pour lancer une bourse conjointe. Le Fonds de dotation Compagnie Fruitière apporte son soutien aux communautés locales en favorisant l’accès à la santé et le développement d’un tissu local économique. Ce qui se traduit dans ses actions caritatives par la création d’hôpitaux destinés aux populations locales et l’emploi de personnel médical local, ainsi que dans ses actions commerciales pour le choix d’une politique forte en matière de responsabilité sociale et environnementale.


[1] Jean-François Mattei et Virginie Troit, ‘La Transition Humanitaire’, Médecine/sciences, 32.2 (2016), 211–16.

Thématique de recherche

Plusieurs facteurs incitent à repenser la relation entre l’entrepreneuriat et le secteur humanitaire. Tout d’abord, les ONG du Sud innovent. Certaines, comme l’ONG bangladaise BRAC ou certaines sociétés nationales de la Croix-Rouge, s’inspirent de l’économie sociale et solidaire ou du secteur privé pour générer les revenus nécessaires à leur autonomie ou au développement de leurs missions. D’autres tissent de nouveaux réseaux, testent des modes de gouvernance inédits ou investissent en recherche et développement à l’instar de l’ONG sénégalaise ENDA ou d’Alima.

De plus, si les défis restent nombreux, notamment celui de la paix, et si l’on observe toujours des écarts importants d’un pays à l’autre (tout particulièrement entre les pays riches en ressources naturelles et les autres), de plus en plus de pays africains connaissent un bon dynamisme économique. Sur fond d’émergence, des fenêtres d’opportunités s’ouvrent pour que secteur économique et secteur humanitaire travaillent ensemble à de nouveau modèles, pour preuve l’action de fondations d’entreprises à Madagascar ou de philanthropes en Afrique de l’Ouest.

Enfin, la « localisation de l’aide » mise en avant lors du Sommet humanitaire mondial laisse entrevoir un transfert progressif de fonds des bailleurs internationaux vers les organisations des pays bénéficiaires. Selon la FICR[1], cette réorientation vers les acteurs locaux serait la clef de l’efficacité alors que seulement 1,6% de l’aide échoit directement aux ONG locales et nationales.

Il est donc urgent de mieux comprendre, à travers des initiatives spécifiques, comment entreprendre lorsqu’on est une organisation humanitaire du Sud et comment les entrepreneurs privés peuvent contribuer à un renouveau de l’humanitaire. En somme, quel rôle est envisagé pour le secteur privé dans la réduction des vulnérabilités dans les pays du Sud ? Quels modèles économiques développent les ONG du Sud pour développer et pérenniser leurs missions ? Quelles innovations apporte le secteur de l’économie sociale et solidaire pour agir en lieu et place des acteurs humanitaires traditionnels ou en partenariat avec eux ? Comment la société civile peut-elle s’appuyer sur le secteur privé pour développer son indépendance et aller plus loin vers l’autonomie ?



[1] Fédération Internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Word Disasters Report 2016.

Zones géographiques de recherche

Ces thèmes pourront être abordés de manière transversale ou lors d’une recherche géographique ciblée portant sur une zone spécifique ou un pays. Pour cette Bourse Compagnie fruitière, 4 pays prioritaires ont été identifiés (les pays ciblés constituent une entrée empirique pour les recherches, ils ne correspondent en aucun cas aux nationalités d’éligibilité)  :

  • 1
  • 2
  • Burkina Faso
  • Cameroun
  • 3
  • 4
  • Côte d’Ivoire
  • Sénégal

NB : l’accès au terrain sera conditionné par une évaluation précise des risques remise lors de la candidature et mise à jour avant le départ en prenant soin de vérifier au préalable les recommandations du MAEDI français.