Après délibération du comité de sélection du Fonds en juin 2015, sept financements de recherche de 20 000 € ont été attribués aux propositions suivantes

(cliquer sur les titres pour consulter le détail de chaque projet)

1. « ALIMA et les African doctors : autonomie et redevabilité au sein de la plateforme d’ONG médicales au Sahel »

Recherche postdoctorale menée par Mme Marion PECHAYRE, rattachée à la Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH).

Marion PECHAYRE est chercheuse associée à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l’université de Londres. Elle est enseignante à Sciences Po et a été praticienne de l’humanitaire pendant plusieurs années.

Le projet propose d’étudier la relation qui lie une ONG internationale d’origine française à une ONG sahélienne au sein d’une plateforme d’ONG médicales visant à « Lutter contre la mortalité infantile et maternelle au Sahel » et « Développer la capacité de réponse des ONG nationales africaines face aux problématiques de santé actuelles ». Ce projet se caractérise par une enquête ethnographique au sein de deux des ONG de la plateforme afin de mettre en lumière les pratiques et les représentations de ceux qui œuvrent à l’équilibre de la relation partenariale.

2. « Agents de l’Etat et acteurs humanitaires : enjeux d’une interdépendance négociée. Etude de cas à Gambella (Ethiopie) »

Equipe de recherche portée par Mme Alice CORBET, rattachée au Centre Français des Etudes Éthiopiennes (CFEE).

Alice CORBET est docteure en anthropologie, chargée de recherche au CNRS (LAM, UMR 5115). Elle travaille depuis 2003 sur la thématique de l’humanitaire et des camps de réfugiés ou de déplacés. Son équipe de recherche est composée de Mehdi LABZAE, doctorant en sciences politiques à l’université de Paris I, amharophone et connaisseur de la région de Gambella (notamment au niveau de la question foncière), et de Gabrielle BAYLE, qui mène depuis 2007 des recherches sur différents aspects de la diplomatie humanitaire en Ethiopie et débute une thèse en politique internationale sur le thème de l’identité et la conditionnalité de l’aide en Ethiopie.

Ce projet consiste en une ethnographie localisée des relations entre agents de l’État et acteurs humanitaires dans la région de Gambella. La recherche se concentrera sur le cas du camp de réfugiés de Gambella pour mettre en évidence les liens entre les acteurs étatiques éthiopiens et les acteurs des organisations humanitaires. Ce travail sera mené de manière ethnographique et s’appuiera sur le Centre français d’études éthiopiennes (CFEE).

3. « L’humanitaire à l’épreuve de la rationalisation. L’impact de la gestion des risques sécuritaires sur les relations sociales dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince (Haïti) »

Recherche postdoctorale menée par M. Arnaud DANDOY, rattaché à l’Université d’Etat d’Haïti (Port-au-Prince, Haïti).

Arnaud DANDOY est docteur en criminologie (Université de Kent, Royaume-Unis). Il est chargé de cours à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques de l’Université d’Etat d’Haïti et membre co-fondateur du réseau de recherche en criminologie de l’action humanitaire.

Le projet vient en complément d’une étude déjà réalisée sur les politiques de sécurité des organisations humanitaires en Haïti. En s’appuyant sur les principes éthiques du care, cette recherche postdoctorale s’interroge sur les conséquences de l’introduction d’une logique managériale de gestion du risque sur les dimensions relationnelles du métier humanitaire. Elle cherche ainsi à établir une distinction originale entre « humanitaire rationnel » et « humanitaire relationnel » permettant une meilleure analyse des modalités d’une action humanitaire en transition.

4. « Acteurs et dynamiques du tissu humanitaire à Madagascar : le Bureau National de Gestion des Risques et Catastrophes et ses réseaux »

Equipe de recherche portée par Mme Christiane RAFIDINARIVO, rattachée à l’IEP Madagascar.

Christiane RAFIDINARIVO, porteur du projet, est docteure Habilitée à Diriger des Recherches (HDR) en Science Politique, et présidente du Conseil Scientifique de l’IEP Madagascar où elle est professeure associée en Science Politique, Relations Internationales et Géopolitique. Son équipe de recherche est composée de deux doctorantes Mme Hantsa RALAMBOSON et Mme Marie-Donna RANAIVOARIVELO, dont les thèses en Science Politique portent respectivement sur « La neutralité de la Croix-Rouge, fondement de puissance » et « La sécurité alimentaire. Enjeux des politiques publiques. »

Au sortir de cinq années de crise politique à Madagascar, le projet se propose d’étudier le fonctionnement du Bureau National de Gestion des Risques et Catastrophes (BNGRC), organe public de coordination des actions d’interventions humanitaires dans le pays, à des échelles locale, nationale et internationale en réseaux, au regard d’enjeux éthiques et opérationnels, mais aussi des rapports de forces politiques que représente la manne financière des aides internationales.

5. « Acteurs et travailleurs humanitaires locaux et internationaux : enjeux organisationnels au Burundi »

Recherche postdoctorale menée par Mme Emeline UWIZEYIMANA, rattaché au Centre d’Etudes de la Coopération Internationale et du Développement (CECID), université Libre de Bruxelles (ULB).

Emeline UWIZEYIMANA, est docteure en Sciences Sociales et a notamment obtenu le prix Alice Seghers 2014-2015 de l’ULB pour sa thèse intitulée « Essai de compréhension de la pauvreté féminine à travers le cas particulier des femmes chefs de ménage au Rwanda face au microcrédit. De 1994 à 2014 ».

Le projet a pour objectif d’étudier l’évolution du secteur humanitaire au Burundi et son impact depuis la guerre civile d’octobre 1993, qui a provoqué l’arrivée ou la création de nombreuses ONG dans le pays, en interrogeant les perspectives d’avenir et de transition ouvertes par la volonté d’autonomie des acteurs humanitaires burundais.

6. « Faire du mal ou faire du bien : l’éthique au cœur de l’action humanitaire en Afrique de l’Ouest »

Recherche postdoctorale menée par M. Aimé Kouassi MALANHOUA, rattaché à la Chaire UNESCO pour la Culture de la Paix, Université Félix Houphouët Boigny, Côte d’Ivoire.

Aimé Kouassi MALANHOUA est directeur du Master « Action humanitaire et développement durable » à la Chaire UNESCO pour la culture de la paix, juriste de formation et praticien de l’action humanitaire. Il élabore, pilote et conduit des projets humanitaires depuis une vingtaine d’années.

La présente recherche vise à élaborer un guide pratique des principes et valeurs éthiques dans l’action humanitaire pour le compte des organisations non gouvernementales intervenant en Afrique de l’Ouest. Ce recueil de cas pratiques sur l’intégration ou non des principes éthiques passera en revue les points clés qui gouvernent cette exigence. L’étude s’interroge sur les spécificités locales et l’universalisation des principes éthiques dans le contexte ouest africain.

7. « Les ONG, espace de gouvernance : une ethnographie des pratiques au Sénégal »

Equipe de recherche portée par Mme Sadio Ba GNING, rattachée au Centre de Recherche sur les Politiques Sociales (CREPOS), université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

Sadio Ba GNING, porteur du projet, est docteure en sociologie de l’université Jules Vernes de Picardie. Membre du CREPOS, elle est, depuis octobre 2012, enseignante-chercheure en sociologie à l’université Gaston Berger (UGB) de St-Louis au Sénégal. Son équipe de recherche se compose du Pr Alfred Inis N’DIAYE, docteur en sociologie de l’UCAD, membre fondateur du CREPOS, maître de conférence en sociologie à l’UGB, et de Kelly POULET, doctorante en sociologie à l’université Jules Verne de Picardie.

Le projet vise à étudier les pratiques et les perceptions de la gouvernance au sein du tissu humanitaire sénégalais, en pleine transition. Comment les ONG nationales et locales, partie intégrante de la  « société civile » globale agissent pour répondre à ces aspirations? Quel fonctionnement est privilégié, selon quelles normes et quels principes et quels sont les moyens mis en oeuvre pour réaliser leurs missions ? Quelles sont les bases sociales des ONG ? Comment les acteurs sont-ils formés ?