Après délibération du comité de sélection du Fonds en juin 2014, six financements de recherche de 20 000 € ont été attribués aux propositions suivantes

(cliquer sur les titres pour consulter le détail de chaque projet)

1. « Le tissu humanitaire en Côte d’Ivoire : acteurs et dynamiques »

Recherche postdoctorale menée par M. ADOU DJANE dit Fatogoma, rattaché au Centre Suisse de Recherches Scientifiques (CSRS) en Côte d’Ivoire

M. ADOU DJANE est docteur en sociologie, chercheur au Centre Suisse de Recherches (CSRS) en Côte d’Ivoire ainsi qu’au Laboratoire de Sociologie Economique et d’Anthropologie des Appartenances Symboliques (LAASSE) de l’Université Félix Houphouët Boigny d’Abdidjan Cocody.

La Côte d’Ivoire bénéficie depuis plusieurs années d’une action humanitaire provenant d’acteurs locaux et internationaux aux domaines d’intervention variés, mais il existe peu de recherches permettant une bonne connaissance de ces acteurs et de la dynamique de l’action humanitaire dans le pays. Ainsi, cette étude s’inscrit dans une approche qualitative et s’appuiera sur des entretiens menés avec des acteurs pertinents de l’action humanitaire en Côte d’Ivoire, l’observation et la recherche documentaire afin d’établir un mapping de l’action humanitaire dans le pays, de ses acteurs, et un recueil des données sur la gouvernance et le fonctionnement de ses organisations humanitaires.

2. « De l’urgence à l’humanitaire durable. Redistribution des rôles opérationnels entre acteurs de l’humanitaire, partenaires locaux et populations bénéficiaires au Mali et au Burkina Faso »

Equipe de recherche portée par M. Jacky BOUJU et rattachée à l’Institut d’Etude des Mondes Africains (IMAF) en France

M. Jacky BOUJU est anthropologue, chercheur à l’Institut d’Etude des Mondes Africains (IMAF) à Aix-en-Provence. Son équipe de recherche est composée de M. Sylvain BATIANGA-KINZI, anthropologue doctorant de l’IMAF à l’Université de Bangui (République Centrafricaine), Mme Magali CHELPI-DEN HAMER, politiste et chercheure associée à l’IMAF, et Mme Sylvie MBUESELIR AYIMPAM, socio-économiste spécialiste en sciences du développement et chercheure associée à l’IMAF.

Cette équipe de chercheurs a choisi d’analyser les réalités et perspectives de la transition humanitaire dans des pays offrant des situations contrastées (le Mali et le Burkina Faso). Leur recherche dans chacun des pays consistera à identifier les acteurs locaux de l’humanitaire, à analyser leurs modes de partenariat en cours et leur engagement dans le processus de transition humanitaire, mais aussi à examiner si, et comment, dans le processus de transition en place, les logiques d’urgence humanitaire s’articulent avec les politiques de développement social à long terme. Pour cela, l’équipe utilisera la méthode ethnographique qui donne une place centrale à l’enquête de terrain où s’obtient l’information obtenue par observation-participation in situ.

3. « Acteurs de l’humanitaire en Côte d’Ivoire et stratégies d’intervention »

Equipe de recherche portée par M. Jérôme Konan KOUAKOU et rattachée au Centre de recherche pour le Développement (CRD) de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké en Côte d’Ivoire

M. Jérôme Konan KOUAKOU est docteur en sciences sociales, sociologue et chercheur au Centre de Recherche pour le Développement (CRD) de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké (UAO) en Côte d’Ivoire. Son équipe de compose de M. Brahima COULIBALY, anthropologue au sein du Département d’Anthropologie et de Sociologie (UAO), M. Dimi Théodore DOUDOU, sociologue au Centre de Recherche pour le Développement (UAO), M. Kouadio Raphaël OURA, géographe au Centre de recherche pour le Développement (UAO) et Mme Kra Amenan Pélagie THEOUA, juriste à l’UFR des Sciences Juridiques Administratives et de Gestion (UAO).

Leur recherche se donne pour objectif d’identifier les acteurs de l’humanitaire en Côte d’Ivoire et d’analyser leurs stratégies d’intervention. La recherche est conduite à partir d’une approche qualitative mettant en œuvre la recherche documentaire, l’entretien individuel et le focus group. Ce travail vise à permettre aux humanitaires, bailleurs, décideurs et autres publics d’avoir une meilleure visibilité de l’environnement des organisations humanitaires en Côte d’Ivoire, de mieux comprendre la spécificité, l’utilité et les réalités vécues par les humanitaires dans l’accomplissement de leur mission.

4. « De l’urgence à l’humanitaire durable : entre l’action humanitaire et l’action sociale » (Haïti)

Recherche postdoctorale menée par M. Odonel PIERRE-LOUIS, rattaché au Laboratoire Dynamique des Mondes Américains (LADMA) de l’Ecole Normale Supérieure de Port-au-Prince en Haïti

M. Odonel PIERRE-LOUIS est docteur en philosophie politique au Centre de Sociologie des Pratiques et des Représentations Politiques (CNRS-Paris 7-Diderot) et professeur à l’Ecole Normale Supérieure (ENS) de Port-au-Prince en Haïti.

Son travail aborde les questions de l’urgence et de l’humanitaire durable. Son travail de recherche entend contribuer à mieux comprendre les conditions de manifestation de la compassion internationale à mobiliser de l’aide dans une situation d’urgence après le tremblement de terre de 2010 en Haïti : malheur providentiel et expérience des institutions de sauvetage de l’aide. La recherche est proposée à travers une double enquête à la fois philosophique dans le raisonnement et dans ses effets, anthropologique et sociologique dans la manière d’approcher le terrain haïtien. Il s’agit d’un exercice analytique et critique qui s’inscrit dans la démarche d’une philosophie appliquée à la question sociale post-séisme en Haïti.

5. « Enjeux organisationnels associés à l’action humanitaire : réseaux d’acteurs, dynamiques stratégiques et dispositifs normatifs » (Sénégal et Burkina Faso)

Equipe de recherche portée par M. José Carlos SUAREZ HERRERA et rattachée à la KEDGE Business School de Marseille

M. José Carlos SUAREZ HERRERA est professeur en management des organisations et systèmes de santé au sein de la KEDGE Business School et professeur associé au Département d’administration de la santé à l’Université de Montréal (DASUM). Son équipe se compose de M. Benjamin BUCLET, chercheur indépendant et consultant dans le domaine de la coopération internationale et Mme Aline MERCAN, médecin anthropologue de la santé. La recherche sera également appuyée par MM. Jérôme LARIO et Marc LESCAUDRON, experts associés.

L’équipe travaillera en collaboration avec M. Nabil El KENTE, responsable d’un programme du Service Renforcement des Capacités de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), M. Simon MARTIN, ancien Directeur de l’ONG Santé Sud, M. Abdou Salam FALL, coordinateur du Laboratoire de Recherche sur les Transformations Economiques et Sociales (LARTES) au Sénégal, et Mme Virginie TOUSSAINT, présidente de l’association l’Envers du Monde au Burkina Faso.

Adoptant une démarche participative et collaborative avec leurs partenaires locaux, cette recherche vise dans un premier temps à identifier et modéliser le réseau d’acteurs intersectoriels intervenant dans le champ de l’action humanitaire au Sénégal et au Burkina Faso. Elle vise, en second lieu, à décrire et à comprendre l’enchevêtrement des dynamiques stratégiques menées par l’ensemble des acteurs humanitaires intervenant dans ces deux pays. Finalement, cette recherche vise à identifier et à comprendre les dispositifs normatifs qui se constituent au sein du contexte politico-administratif de ces pays et qui influencent l’articulation d’interventions humanitaires.

6. « L’aide internationale au Laos : une cartographie dynamique des acteurs, des dispositifs et des mécanismes de gouvernance »

Recherche postdoctorale menée par Mme Danielle TAN, rattachée à l’Institut d’Asie Orientale (IAO) de Lyon

Mme Danielle TAN est docteure en science politique, ATER à Sciences po Lyon, chercheure associée à l’Institut d’Asie orientale (IAO) de l’ENS Lyon et chercheure associée à l’Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine (IRASEC) de Bangkok.

Ce projet propose de construire une cartographie dynamique des acteurs, des dispositifs et des mécanismes de gouvernance sur l’ensemble du Laos. En utilisant les outils de système d’information géographique (SIG), l’objectif est d’offrir une vue globale, exhaustive, croisée et interactive du tissu humanitaire du Laos. A partir d’enquêtes de terrain, il s’agira de recenser les acteurs locaux et internationaux de l’humanitaire, d’analyser l’évolution de leurs activités, leurs modes de fonctionnement, leurs interactions avec les autres acteurs du développement, ainsi que leurs relations avec les autorités locales et nationales. Ce nouvel outil permettra aux différents acteurs de l’aide internationale de mieux comprendre l’environnement dans lequel ils opèrent et, à terme, de les aider dans la redéfinition de leur stratégie.